Tourner sept fois sa langue dans sa bouche pour dire le moins de bêtises possible, précaution que l'on me serinait quand j'étais petite. Les enfants d'aujourd'hui la subissent-ils encore? Peut-être (pas).

J'ai longtemps pensé qu'il s'agissait de dire quelque chose de juste, de vrai - répondre à la question posée, apporter un élément factuel, objectif, exploitable pour éclairer le débat, et même, dire des choses intelligentes (si si).

Mais au fond, dans le domaine professionnel en tout cas, je finis par changer de point de vue. Dire quelque chose d'exact, de précis, d'informé n'apporte pas forcément grand-chose au débat: souvent les décisions sont tellement liées à des enjeux de pouvoir que les éléments objectifs pèsent assez peu. En tout cas ils sont vite oubliés. En revanche, en servant la vérité toute crue sous le nez des collègues, on risque juste d'indisposer certains: la précision des chiffres pointe une erreur ou un oubli, une description plus objective contrevient à la gestion orientée du groupe, se comporter en "sachant" suscite l'agacement.

Prendre confiance en soi, c'est bien - mais pas pour y puiser le courage de donner son point de vue. Plutôt pour avoir celui de ne pas jouer les bonnes élèves et autres madame-réponse-à-tout. Il faut en effet une certaine dose de force intérieure pour laisser glisser le regard des autres sur soi au risque de ne pas sembler à la hauteur, se contenter d'espérer que le travail bien fait portera ses propres fruits, et finalement, grâce à sa discrétion, éviter les bâtons dans les roues.

OK, résolution prise!!