Autour de moi, Demain, le film de Cyril Dion et Mélanie Laurent, a suscité engouement et intérêt, pour ses idées, bien entendu, mais également son énergie et son enthousiasme communicatif. Pas de misérabilisme, pas de hantises à cauchemarder, mais des solutions, des idées, des exemples.

Plusieurs grandes parties, essentiellement : côté agriculture, se ré-approprier la production de la nourriture en local, ou circuit court ; côté énergie, avoir recours à des solutions alternatives aux énergies fossiles: côté économie, se libérer de la globalisation en réintroduisant les circuits commerciaux resserrés sur la région et en se créant des monnaies locales; côté démocratie, développement d'une démarche participative et de la démocratie directe; côté éducation, pédagogie respectueuse des individus et des responsabilités sociétales à véhiculer. 

Un film très frais, généreux et qui donne envie. J'y ai appris par exemple que certains économistes estiment que les banquent créent de l'argent par leur activité de prêt. Il a tout de même fallu que je me renseigne par ailleurs pour comprendre un peu mieux. Voici : on a tendance à dire que si A dépose de l'argent à la banque, et B emprunte la somme pour s'acheter une maison, eh bien l'argent de A passe à B, puis revient à A avec le remboursement de B, moyennant commission pour la banque (qui en tire une partie de ses revenus). Mais en fait dans la vraie vie, il se peut très bien que A décide de dépenser son argent en même temps... Et là, par jeu d'écriture avec les revenus de C et D, par exemple, effectivement la banque aura les liquidités suffisantes pour le lui permettre. Ce qui fait qu'artificellement, la banque permet à cette somme d'argent d'acheter deux fois plus de biens de consommation que si elle restait dans la bourse d'un seul. A vrai dire, je ne sais pas trop ce qu'il faut en déduire, mais ce coup de baguette magique m'impressionne assez..

D'autres aspects du film m'ont moins plu, comme par exemple l'insistance d'organiser la production agricole dans les faubourgs des villes, au lieu de consacrer des hectares saturés de pesticides à de l'agriculture intensive. L'idée paraît simple, mais les sols urbains sont tellement pollués aux métaux lourds que les céréales sont en réalité corrompues. Quant aux militants qui s'y investissent, ce sont des docteurs en biophysique ou autres scientifiques passionnés, pas vraiment des citoyens ordinaires. Le pire pour moi est cependant le retour protectionniste aux espaces clos, monnaie locale et autres circuits d'artisans et producteurs du cru, comme si la communauté proche devenait une valeur refuge. J'ai connu cela enfant - familles en clientèle captive des commerçants du coin, qu'il ne faut surtout pas contrarier sous peine de disette ou autres machines mal dépannées parce qu'on est "mal vu". En plus, ce genre de projet se retrouve dans le programme de certains partis que je ne recommanderais pas... 

Mais bon, food for thought, comme disent les Anglo-saxons, une base de réflexion très stimulante...